Son Excellence Alix Didier Fils-Aimé, premier Ministre de la République d’Haiti
New York, 23 avril 2026
Lors de la 10144e séance du Conseil de sécurité des Nations Unies consacrée à la situation en Haïti, le Premier ministre haïtien, Son Excellence Alix Didier Fils-Aimé, est intervenu à l’occasion de la présentation du dernier rapport du Secrétaire général des Nations Unies sur Haïti, élaboré par le Bureau intégré des Nations Unies en Haïti (BINUH).
La réunion, présidée par le Royaume de Bahreïn, a également réuni, en vertu de l’article 39 du règlement provisoire du Conseil, plusieurs partenaires internationaux, dont les représentants du Kenya, de la République dominicaine, de l’Organisation internationale de la Francophonie ainsi que de Trinité-et-Tobago.
Une situation critique confirmée par le rapport du Secrétaire général
Le rapport du Secrétaire général, en date du 14 avril 2026, met en évidence une crise persistante marquée par une insécurité extrême, une fragilité institutionnelle et une situation humanitaire alarmante.
Selon les données présentées, la violence des gangs continue de déstabiliser profondément le pays, avec une augmentation significative des homicides et des enlèvements, ainsi qu’un contrôle territorial étendu dans plusieurs régions.
Parallèlement, plus de la moitié de la population vit sous le seuil de pauvreté et plus de 6 millions de personnes nécessitent une aide humanitaire urgente, dans un contexte marqué par des déplacements massifs et une insécurité alimentaire généralisée.
Le rapport souligne néanmoins certaines avancées, notamment la poursuite de la transition politique, la signature du Pacte national pour la stabilité et l’organisation des élections, ainsi que les progrès dans les préparatifs électoraux.
Le Premier ministre appelle à un sursaut national et international
Dans son intervention, le Premier ministre haïtien a délivré un message fort, centré sur l’urgence d’une mobilisation collective pour faire face à la crise.
« L’heure du rassemblement a sonné. L’État reprend sa place. Haïti ne périra pas. »
Il a réaffirmé les trois priorités du gouvernement de transition :
- Restaurer l’autorité de l’État ;
- Protéger la population ;
- Préparer le retour à l’ordre constitutionnel.
Intervention de Son Excellence Alix Didier Fils-Aimé, premier Ministre de la République d’Haiti
Le Premier ministre a souligné que la sécurité constitue la condition préalable à tout développement, tout en mettant en avant les premiers résultats obtenus grâce aux opérations conjointes de la Police nationale d’Haïti, des Forces armées et de la Force de répression des gangs.
Des efforts sécuritaires en cours mais encore insuffisants
Les autorités haïtiennes ont présenté des avancées concrètes, notamment :
- La reprise progressive de certaines zones stratégiques ;
- Le renforcement des effectifs policiers avec le projet P4000 ;
- L’augmentation des capacités des Forces armées d’Haïti ;
- Et le déploiement progressif de la Force de répression des gangs.
Cependant, le Premier ministre a insisté sur l’urgence d’un soutien international accru, en particulier sur le plan logistique, afin de permettre un déploiement rapide et efficace des forces engagées.
Transition politique et processus électoral au cœur des priorités
En cohérence avec les observations du rapport du BINUH, le Chef du gouvernement a réaffirmé l’engagement des autorités haïtiennes à organiser des élections crédibles et inclusives.
Des progrès ont été réalisés, notamment en matière de cadre légal et de préparation du processus électoral, avec pour objectif de restaurer la confiance des citoyens dans les institutions démocratiques.
Le Premier ministre a également souligné l’importance du dialogue national et de la cohésion politique, illustrés par le Pacte pour la stabilité et l’organisation des élections.
Une crise multidimensionnelle nécessitant une réponse globale
Au-delà des enjeux sécuritaires, les échanges au Conseil ont mis en évidence le caractère multidimensionnel de la crise haïtienne, qui combine :
- Insécurité persistante ;
- Fragilité institutionnelle ;
- Crise humanitaire ;
- Défis économiques et sociaux majeurs.
Le rapport du Secrétaire général insiste sur la nécessité de combiner les opérations sécuritaires avec des stratégies de long terme, notamment en matière de désarmement, de réintégration et de renforcement des institutions.
Un appel à la solidarité internationale
En conclusion, le Premier ministre haïtien a lancé un appel clair à la communauté internationale :
« Le peuple haïtien ne demande pas la charité, mais la solidarité et les moyens de reconstruire son avenir. »
Réaffirmant la résilience du peuple haïtien, il a insisté sur la nécessité d’un engagement international coordonné, durable et orienté vers des résultats concrets.
Une étape décisive pour l’avenir d’Haïti
Cette séance du Conseil de sécurité intervient à un moment charnière pour Haïti.
Entre avancées politiques, défis sécuritaires persistants et urgences humanitaires, le pays se trouve à la croisée des chemins.
La capacité des autorités nationales, avec l’appui de la communauté internationale, à transformer ces engagements en actions concrètes sera déterminante pour la stabilisation du pays et le retour à un ordre démocratique durable

